Le harcèlement de rue, c'est ce nouveau concept qui existe depuis longtemps mais dont on parle enfin avec sérieux et considération depuis qu'une jeune femme Belge, Sofie Peeters, a fait cette vidéo. Si elle vous a échappée, je vous conseille de la regarder, et peut-être, si c'est votre cas, vous verrez que vous n'êtes pas seule à subir ce genre de harcèlement, au quotidien. Le harcèlement de rue regroupe tous ces mots (mots doux, invitations ou insultes) prononcés impudiquement par des hommes à l'égard des femmes, dans la rue, et qui entravent leur liberté de vivre, de marcher, de s'habiller. Qui les forcent à hâter le pas, à se dissimuler sous de gros vêtements et à se sentir comme un morceau de viande.
Plusieurs blogueuses ont apporté leur pierre à l'édifice en donnant leur version, leur vision, leur "attention à ne pas tout mélanger". Il ne me semble pas avoir lu sur un blog quelque chose d'approchant à mon expérience et c'est pourquoi je me permets de m'emparer, le temps d'un billet personnel, de ce thème fort en vogue
Le harcèlement de rue, version Moi, 16 ans, mal dans ma peau et pas besoin qu'on en rajoute:
Je n'ai pas eu une adolescence facile, plus ou moins comme tout le monde. De l'acné, beaucoup d'acné, mal dans ma peau dans ce corps qui changeait.
Le harcèlement de rue, je l'ai surtout connu à ce moment-là : quand tu es moche, que tu as des gros boutons et que rien n'y fait pour les camoufler, quand les cheveux sont un peu gras, que tu n'as pas de style et que chaque tentative est râtée. Tu es heureuse de façon globale mais quand tu te regardes dans un miroir, tu ne comprends pas ce que tu vas bien pouvoir faire de ce corps qui t'appartient mais qui fait pourtant ce qu'il veut. Tu veux juste faire ta vie, marcher dans la rue, sans être vue. C'est dur, et sans doute que tu le sais aussi, car l'adolescence est bien connu pour ne pas être facile.

Aujourd'hui ou depuis quelques années, il m'arrive rarement d'entendre un "madmoizelle, vous zétes charmante" qui sonne léger face à des mots durs que j'ai pu subir, avant. Des mots qui m'ont fait mal alors que j'essayais de me construire, de m'accepter. Ce n'était pas souvent, pas tous les jours, mais juste assez pour que je pense, que, si on me disait ça, à moi, c'est que je devais me placer dans la catégorie des moches, de celles que l'on raillait car elles n'auraient jamais d'amoureux. Ou si, juste le boutonneux du fond de la classe, celui qui est aussi mal que toi, tu sais. J'ai vu des jeunes se moquer, me montrer du doigt, m'aborder pour se moquer, des mots durs, que tu as du mal à oublier. Il faut se blinder, mais tu n'y es pas préparée.
L'effet secondaire, c'est que j'ai mis du temps à comprendre, qu'un beau jour, la roue avait tournée et ce n'était plus des regards railleurs qui se portaient sur moi, mais des regards intéressés. J'ai eu du mal à les apprécier et depuis, ces regards me mettent mal à l'aise, comme si accepter que le regard sur moi avait changé était chose impossible.
L'autre jour, encore, je baladais mon chien, et j'ai entendu "mademoiselle, ce que je prèfère chez vous, c'est votre chien". C'était la première fois depuis longtemps que cela m'arrivait. C'est méchant, mais pas brutal; ça ne m'a pas fait mal, mais j'étais choquée qu'on puisse se permettre d'adresser la parole à quelqu'un juste pour lui dire ça. Tiens, ça me rappelle que j'ai fait partie de celles dont on se moquait facilement dans la rue, je baissais la tête et j'encaissais. Désormais, je fais plutôt partie de celles qu'on laisse tranquille, je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me va bien...
Le harcèlement de rue, ce n'est pas juste considérer les femmes comme une marchandise bonne à dévorer des yeux. C'est aussi dévaloriser la personne que tu croises dans la rue, c'est se moquer de cette jeune fille qui voudrait juste être transparente, le temps de se construire, et c'est reculer le moment où elle se sentira bien dans son corps et en harmonie avec elle-même malgré tous les changements qui s'opèrent durant l'adolescence. Par pitié, celle-là aussi, laisse-la tranquille... Pense ce que tu veux dans ta tête mais ne le prononce pas, ça fait trop mal ...
Et toi, c'est quoi ta vision du harcèlement de rue ?
Pour lire des billets qui abordent le thème du harcèlement de rue sous d'autres angles de vue, vous pouvez aller chez Psychosexy, Anah-addict, Tête de Thon ...





10 commentaires
ah le harcélement de rue quelle horreur!
Je le connais moins maintenant car j'avance en âge (lol) et que je sors presque tout le temps avec mon mari mais avant qu'est ce que j'ai pu en entendre des conneries et en subir des dragues lourdes pour une jupe ou une robe portée pffff.
C'est un sujet grave que l'on subit toutes et dont on parle peu je trouve, ce qui est dommage alors merci pour ton post. Gros bisous ma belle.
Impressionnée par cette vidéo, malheureusement, on en est toutes un peu victimes... Fière de toi, que tu n'aies pas été blessée par ce que cet individu t'a dit! De mon côté, je ne peux pas en dire autant, toujours fragile de ce côté là...
Bravo Fanny!!
Bisous!!